Aujourd’hui pour la première fois depuis qu'on est arrivées, j'ai eu vraiment envie de prendre des photos. je commençais à me demander si l'envie reviendrait et oui.... tout d'un coup, sans prévenir. En même temps, c'est presque un peu trop tôt parce que mon appareil est encore à réparer. Du coup, elles sont dans ma tête et je ne résiste pas à vous en raconter quelques-unes.
D’abord je sais pas si je vous ai dit mais dès qu'on est arrivées, on s'est acheté des vélos (que le vendeur a promis de nous racheter quand on repartira. sympa) et on a traversé la ville en long, en large et en travers. Et plus. du coup on commence à un peu mieux sentir la ville, et aussi a y trouvé une petite place.
Cet après-midi ce sont des 10aines d'images qui se sont juxtaposées les unes après les autres. Tel aviv. Une ville dans tous les sens et de tous les sens. Après une semaine ici, c'est un peu le sentiment qu'on a. Un joyeux mélange de toutes les couleurs, tous les ages, toutes les origines...
Alors imaginez vous sur un vélo. Au début vous foncez, aidés (chouette je viens de trouver comment on fait les accents) par l'idée d'une baignade et d'un pic nic sur la plage. Puis vous allez de moins en moins vite, un peu ahuris par tout ce qui se passe autour de vous, les gens, les regards et les situations que vous croisez. Puis finalement vous avez l'impression d'être rentré dans un film pendant la séance, vous intégrez le film en cours et personne ne vous voit. Tout défile et se suit dans un désordre parfait. Comme un collage de plein d'éléments et matières qui finissent par former un tout a la fois beau et déglingué. Surréaliste.
(J'arrête avec les accents, c'est trop compliqué)
Alors on roule. Passe devant une mariée, robe blanche et cheveux gris qui semble chercher son mari (ou un mari) a la terrasse d'un café. Plus loin, un garçon s'arrête, pose sont sac à terre, monte sur une baraque en bois sur la plage, fait deux sauts périlleux (saut périlleux ? Ca s'écrit comme ça ?), reprend son sac et repart tandis que deux joggeurs, corps parfait le dépassent en courant, sourire brillant. Passe devant un homme, tête en bas, pieds en l'air, tatouages sur tout le corps. Puis passe devant groupe de gens qui s'entraînent à faire décoller leur parapente tandis qu'un rabbin les observe mains dans le dos et qu'un couple de jeunes maries (un autre) kitch a souhait se faufile discrètement au milieu des parapentes pour une ultime photo, remettant a plus tard leur pose "bord de mer au coucher du soleil"... et ça continue ça continue, ça continue... mais je vous laisse imaginer tout ce que vous voulez d'autre... finalement, peu importe. Il y a de la vie. Beaucoup de vie.
Et chacun semble vivre sa vie comme bon lui semble et sans se soucier du regard des autres. On trouve les personnages les plus fous dans cette ville. l'auberge où nous dormons en est un concentré. Dans un lieu où on s'attendrait à croiser moult routards, ce sont les personnages dignes d'un "Delicatessen" de Jean Pierre Jeunet qui ont établis domicile. Chacun dans son propre rôle. la encore, on se croirait vraiment dans un film. et on s'amuse à leur inventer des histoires. Ces deux femmes qui se ressemblent comme deux goûtes d'eau n'ont certainement pas atterri la par hasard. On dirait deux soeurs qui se rencontrent pour la première fois et se rendent compte petit a petit de leurs liens. Ce garçon, cheveux longs, tongs et pantalon bouffant passe son temps dans le canapé. passe le temps. Un autre attend jour après jour une place dans un kibboutz au nord du pays. on s'attend à ne plus le voir chaque matin au réveil et pourtant, il est toujours là. comme cette femme très âgée, cheveux gris tombant jusqu'aux pieds qui dort juste à côté de nous et qui a organisé son petit bungalow sur la terrasse comme une véritable maison de poupée. Finalement, il n'y a que les propriétaires de l'auberge que l'on ne fait que croiser. Les autres sont la en permanence, buvant ou préparant du café la journée. Buvant des bières et refaisant le monde le soir. Plus qu'un film, on se croirait sur la scène d'un théâtre où les uns laissent la place aux autres pour reaparaitre quelques minutes après. ou les liens se tissent au fil des jours. Une pièce de théâtre qui raconterait une salle d'attente. Sans jamais vraiment savoir ce qu'on y attend... nous y compris...
Bises de toutes tailles
dimanche 20 avril 2008
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