mardi 3 juin 2008

en quittant Teheran


En quittant Téheran ce matin a 4h - après 2 petites heures de sommeil dans une chaleur suffocante - on se demandait si on était encore dans nos rêves ou bien dans ce taxi qui nous emmenait silencieusement a l'aéroport. On s'attendait a traverser la ville nue et vide. C'etait embouteillages, 1 flic posté tous les 100 sur le bord de l'autoroute, et puis... des tentes.... puis par moment, des flots de gens, marchant sur le bord de la route, tels des fantômes habillés tout en noir et avançant vers je ne sais où. Tout un monde éveillé en pleine nuit... et malgré ça, le silence de la nuit. Vision assez cauchemardesque d'un Iran qu'on vous avait encore peu décrit. C'est que ce matin n'était pas comme les autres. Depuis quelques jours on avait vu les posters de Khomeiny fleurir partout a l'approche de l'anniversaire de sa mort. C'est a dire que en temps normal, il y en a partout. mais pour l'anniversaire de sa mort, il y en a..... partout partout ! donc ce matin, c'était le 20eme anniversaire de sa mort et tout une partie de l'Iran se dirigeait d'un pas sûr vers Téheran pour les célébrations. Nous on hésitait entre fermer les yeux et penser que c'était un mauvais rêve ou les garder bien ouvert pour vous raconter ce moment...

Ce soir, on hésite encore entre un gros gâteau d'anniversaire, une bonne bière ou un gros dodo....

samedi 31 mai 2008

la tarte a la rhubarbe

Tessa, je compte sur toi pour la photo...

apres la montagne, on etait invitees a une fete. juste le temps de repasser a la maison pour preparer une tarte a la rhubarbe qu'on a ceuilli ce matin (la rhubarbe hein, pas la la tarte). enfin, disons qu'en theorie, on aurait eu le temps pour une tarte, une sieste, quelques parties de backgamon.... mais en pratique, preparer une tarte dans la cuisine de mina s'est avere etre une vraie aventure... que... finalement je ne vous raconterai pas la :-)

parceque ce qui compte, c'est la tarte, n'est-pas ??

la montagne

vendredi on est allee a la montagne. pas celle de l'autre fois - la montagne resto-kitch - la vraie montagne. on avait rdv a 6h du matin en bas de chez nous. des copains sont passe nous prendre puis on a fait un autre stop a 6h30. 5 voitures etaient rassemblees. tous les vendredis, cette chouette equipe de marcheurs se donnent rdv a 6h30 pour une marche dans la montagne. parmis eux, beaucoup de communistes et enfants de communistes. le plus vieux de la bande est reste en prison pendant des annees apres la Revolution. le pere de Mazziar, lui a ete tue apres la revolution car il etait communiste. mais aujourdhui, c'est pour vivre et prendre l'air qu'on a rdv. vieux et jeunes, tous sont prets, batons a la main et chaussures de rando aux pieds. apres une heure de route, on arrive au pied de la montagne. 3000 m d'altitude. Magnifique. nuances de roses et de verts. ils fait beau et frais. pas un chat a part nous. on fait nos lacets, on enleve nos voiles et c'est parti. petite grimpette de 2h. pas tres difficile mais a vrai dire parfais apres la nuit de 4h que nous avons passees. et tellement agreable. les montagnes iraniennes sont de loin mes preferees. formes courbes, couleurs douces. Chacun avance a son rythme, par petits groupe. sur le chemin, on s'offre des tiges de rhunarbe a croquer, la montage en est recouverte. les uns s'arretent pour une orange et un morceau de pain les pieds dans le cours d'eau. les plus rapides nous attendent avec le pic nic et preparent le the. un groupe de femmes s'est installe un peu plus loin et pousse la chansonnette tandis que les hommes font la sieste. le bonheur a l'iranienne. Chacun repart aussi a son rythme mais au final, on se retrouve tous vers 13h et les covoiturages se reorganisent comme a l'allee pour rejoindre la chaleur de teheran. en grimpant dans la voiture, un de de nos Co-marcheur me lance un "fini la liberte" en me faisant signe de remettre mon voile. c'est vrai que pendant une matinee, on avait un peu oublie...

jeudi 29 mai 2008

youplaboum - boum

comme on vous avait dit au revoir la veille de notre depart, on aimerait bien vous dire bonjour a notre arrivee... alors on a pense que se serait chouette de tous se revoir, au meme endroit et a la meme heure.... mercredi 4 juin....

pour ceux qui ont la memoire courte c'etait les peres pop', 46 rue de Buzenval

on a tout plein de choses a vous raconter et apres trois semaines a l'iranienne, on a plus soif que jamais !!!

mercredi 28 mai 2008

"ils n'y a pas d'homosexuels en Iran"

lundi soir, Mercede m'emmene faire un tour dans un centre commercial a Teheran. Elle pense que je peux trouver quelques images a faire la-bas. Apres un petit tour dans la galerie marchande, on decide de se poster dehors et d'attendre que les gens en sortent, peut-etre y aura-t-il quelques situations interessantes. A vrai dire, je n'y croit pas trop. Mais on se jete a l'eau et on demande aux trois premiers garcons qui sortent si je peux faire un portrait d'eux. ok. ils ont l'air plutot contents et d'emblee annoncent la couleur "voila la preuve qu'il y a des hommosexuels a Teheran" (en reference a la desormais fameuse phrase de ce cher Ahmadinejad pretendant le contraire lors d'un discours donne dans une universite americaine). Clic clac. Ils s'en vont. Mercede est etonnee. C'est tres rare que des hommosexuels s'affichent comme ca librement dans la rue et le revendique. quelques minutes plus tard, ils reviennent vers nous et s'adressent a Mercede en lui demandant de traduire. Au debut, je pense qu'ils lui demandent que je garde ces images pour moi car c'est un peu dangeureux pour eux. Et bien non. au contraire. ils veulent que je montre ces images et que je parle deux. S'en suit une converation d'une heure et demie, nos nouveaux amis ont tres tres envie de parler. Ce ressemble meme plutot a un besoin. Revendiquer son homosexualite en Iram est tres difficile. Dans ce cas precis : rupture avec la famille, rupture avec les etudes... du fait de cette homosexualite pas du tout acceptee par les autres. "pourtant ici beaucoup de garcons, s'ils ne sont pas homo, sont au moins bi. Comment faire sinon ? c'est tellement complique d'avoir une relation avec une fille !!!". Farzan, Ramin et Chahab sont adorables. Ramin et Chahab, amoureux depuis une semaine n'arretent pas de se faire des mamours. Chahab a les yeux qui brillent de bonheur tandis que Ramin a l'air vraiment triste et blesse par la vie qu'il a derriere lui. Ils parlent, de leurs souffrances, et d'une certaine exclusion. Ils me posent des questions sur l'homosexualite en france et en europe. ils aimeraient me presenter des amis a eux, m'emmener dans les lieux ou se rencontrent les homos pour que je raconte.
Avec une journaliste.
Heu... non... avec UN journaliste.

et beau si possible :-)

samedi 24 mai 2008

bribes de Teheran

5- ce qu'on ne peut pas faire et ce qu'on peut faire. ce qu'on croit ne pas pouvoir faire mais qu'on peut quand meme faire. ce qu'on fait quand meme bien qu'on ait pas le droit de le faire

- boire de l'alcool dans un parc (ca on n'a pas le droit mais ca se fait...)
- conduire une moto, un scooter (ca on croyait pas mais si, une femme peut le faire.... mais ne le fait jamais)
- s'alonger dans un parc (ca quand on est une fille, on n'a pas le droit, et si on le fait.... on se fait bien gronder... j'ai teste, reteste, rereteste....)
- fumer dans les bars (interdit depuis quelques mois, comme chez nous)
- avoir les bras decouverts - pas possible - la tete, n'en parlons pas...
- faire des bisous a son amoureux. possible. surtout dans les parcs...
- rouler a 5 sur une mobylette. possible. voir meme tres courant !!!
- ecouter de la musique a fond en roulant dans sa voiture - possible
- aller a un concert de Rock - pas possible !! ca n'existe pas. je veux dire qu'il y a bien des groupes de rock mais ils n'ont pas la possibilite de faire entendre ce qu'ils jouent
- aller au cinema fille et garcons melanges - possible
- monter a l'arriere d'une moto Taxi et se coller au conducteur - possible
- trouver persepolis et tous les films que vous avez deja vu au cine - possible au marche noir, a la sauvette dans la rue (j'ai meme trouve Bonny and Clyde)
- telecharger des vignettes cochones dans un cyber cafe - possible - j'ai vu faire !!
- ... to be continued

bribes de Teheran

4- interrogatoire a l'iranienne

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

"Hello"
"Where are you from"
"What do you think about Iran ?"

oui oui vous avez bien compte. non non, je n'ai pas fait d'erreur de frappe. c'est la moyenne journaliere du nombre de fois ou on nous adresse mot pour mot ces trois questions...

mercredi 21 mai 2008

bribes de Teheran

3- la montagne

La je tiens a dire que tout ce que je raconte, c'est completement dans le desordre. je veux dire que ces petites bribes sont pas chronologiques quoi...

alors vendredi dernier (vendredi c'est le dimanche ici), on est allees a la montagne. Tessa s'immaginait deja grimpant dans les rochers, gambadant dans la nature. c'est vrai que je lui avait pas precise que la montagne (c'est a Teheran, tout au nord de la ville), c'est la destination du vendredi de tous les Teheranais !!! Tous. Alors ben oui, on etaient loin d'etre toutes seules perdues dans la nature et surtout... peut on encore parler de nature ??? en fait ce qu'on appelle ici la montagne (et qui certes, en est une) est un chemin dans lequel il est difficile de se frayer un passage et sur les bords duquel il y a des.... centaines de restaurants tous plus kitch les uns que les autres. mais en fait... ca a son charme. et on y croise vraiment toute la jeunesse de la ville. c'est l'unique distraction ici. un endroit un peu plus libre que les autres. the, narguile, pic nic (certains meme y campent la nuit). en montant un peu plus haut et en depassant cette ... foule de resto et maisons de the (des endroits tres chouette ou on boit le the + ou - allonge sur des tapis) on peut trouver des petits coins ou se planquer, des recoins ou vivre un peu !! Bref, ca fait boum boum, les garcons regardent les filles et vice versa, c'est un peu la fete et ca dure jusque tard le soir.

Bribes de Teheran

2- le playground

est ferme. pour ceux qui ont suivi les aventures de Marion et Lucie et Iran, vous connaissez deja le playground. une de mes premieres visites ici a donc ete de retourner la bas voir mes amis, leur donner des photos... mais le playground a ete ferme par la police. gros cadenas, lumiere demontee. quelques sms plus tard, je retrouve toute la bande sur un autre playground a quelques rues de la. tout le monde est la. la meme fine equipe, plus ou moins quelques uns. l'ambiance est la meme. basket, causerie, joint... echange de photos et de souvenirs, Tessa et moi sommes de nouveau invitees a partager nos soirees avec eux. hier, ambiance de fete. rien de special a priori. on etait juste assis par terre en tailleur, essayant de se comprendre avec deux (trois) mots d'anglais quand Tessa a propose de chanter une chanson en canon a deux equipes. et en francais. fallait voir la maniere dont tout le monde s'est redresse sur ses fesses et s'est concentre sur ce qui allait suivre. tout le monde ecoutait et essayait de repeter les paroles. c'etait tres drole. bon, on a pas vraiment reussi et c'est finalement nous deux qui avons du apprendre une chanson en Persan. tout le monde rigolait, c'etait vraiment tres chouette. et puis silence. la police est arrivee. Tessa et moi on savait pas a quoi s'attendre. En fait les voisins avaient appele la police a cause du bruit. tres vite Babak, Hadi et Ali se sont leves et ont expliques qu'on etaient francaises e qu'on avait juste chante quelques chansons. La police est repartie presque aussi vite qu'elle etait arrivee. on pouvait pas s'empecher de penser que dans une situation pareille a paris, on aurait tous eu le droit a un controle d'ID, fouille et compagnie... mais la rien. tout le monde s'est rassi et puis voila.... on a fini par quand meme se quitter. tout le monde respirait la bonne humeur, c'est pas toujours le cas a Teheran....

bribes de teheran

1- lire un livre dans un parc...

n'est pas si reposant que ca. il fait chaud, tres chaud, vous avez un jean et des baskets, une robe par dessus qui vous couvre les fesses et encore une chemise par dessus qui vous couvre les bras. et encore en plus un voile sur la tete.... l'herbe est bien verte et... hummmm... parait encore humide. l'ideal pour s'alonger et lire tranquille a l'ombre. Ah non ! c'est vrai, ici, quand on est une fille, on ne s'alonge pas sur l'herbe (oui oui, toi qui est un garcon, tu peux, pas de probleme). donc vous vous mettez a lire mais juste une page car un monsieur au sifflet vient vous dire de degager... bon. c'est pas grave y'a tout plein de bancs. vous choisissez celui ci, y'a deja une fille assise dessus, on viendra pas vous embetter. mais elle part et un garcon prend la place (inutile de dire qu'il vous suit depuis que vous etes arrive dans le parc) et tente une approche... "Ale you spik iglis ?" " yes yes" " alone" " no" " husband ?" "yes" " Ah, excuse me ! " Ca c'est la formule magique, dire qu'on est mariee. tout de suite, ca evite les interminables seances de drague. manque de pot, votre voisin insiste cette fois ci et pense vous faire plaisir en mettant sur son telephone portable une musique Techno a fond.... vous partez. tous les bancs sont occupes par des hommes qui dorment litteralement dessus... de toutes facons, vous vous rendez compte que tout le monde vous observe et vous n'avez plus envie de lire....

samedi 17 mai 2008

beyrouth - damas - teheran






alors voila un peu de temps pour vous raconter... ou est-ce que j'en etais restee ??

Beyrouth, les coups de feu et les tirs de roquette.... pas tres joyeux... les derniers jours a Beyrouth ont ete assez incroyables. bloquees chez Randa, on suivait les infos en temps reel sur le net et on essayait de voir comment rejoindre Teheran, l'aeroport etant bloque jusqu'a nouvel ordre. est-ce qu'on part, est-ce qu'on reste ? incapables de prendre une decision.

on a fini par se decider a rejoindre Damas par la route et de la, partir pour Teheran... le trajet Beyrouth Damas a ete a lui seule une sacree aventure. d'abord on hesitait un peu, tout le monde nous donnant un avis different sur cette route Beyrouth Damas, a commencer par nos ambassades respectives. L'ambassade de France disait "c'est trop dangeureux, restez chez vous", celle de Belgique "C'est ce que vous avez de mieux a faire" ..... Apres s'etre bien renseignees sur la possibilite d'un tel trajet a ce moment la, sur les routes fermees et ouvertes et sur le danger encouru, on a finalement pris la decision de partir. A ce moment la a Beyrouth, c'etait tres etrange, tout le monde avait un avis tres different sur la situation, certains etaient effrayes, d'autres moins inquiets. il faut dire que d'un quartier a un autre, la situation etait tres differente. dans le notre par exemple, on pouvait sortir dans les rues et certains commerces etaient ouverts, tandis que dans d'autres quartiers, tenus par le hezbollah, il etait impossible de sortir de chez soi et personne ne savait vraiment la tournure que ca allait prendre.

au moment de monter dans le Taxi, une grande tristesse nous envahie. partir sans avoir pu revoir nos amis, sans dire au revoir. partir alors qu'on sent la detresse dans la voix de plus d'un d'entre eux. c'est dur. partir aussi avec le sentiment de n'avoir pas fini ce qu'on etait venu faire a Beyrouth, avec plein d'envies pas realisees, plein d'images en tete... revenir. Beyrouth est trop attachante.

Dans le taxi pour Damas donc, on pense a Beyrouth, a Amy, Nadim, Wissam, Eyman, Sahraa... Hommes armes tout le long de la route, immeubles en feu a Tripoli, echange de tirs, ralentissements et tension bien presente.... ce n'est qu'une fois la frontiere franchie qu'on s'est endormies dans la voiture, dans un calme soudain etrange. Arrivees a Damas, les hirrondelles criant dans le ciel, la lumiere de fin de journee et le silence relatif est rentre en nous d'un coup. Beyrouth semblait deja tres loin et c'est a ce moment la qu'on avraiment realise toute la tension qu'il y avait en nous depuis ces 4 derniers jours........ pffffffffffff on s'est ecroulees

Dimanche 11 mai, trucs chiants a faire dans une ville inconnue. changer les billets, aller d'un bout a l'autre de la ville... chaud, fatigue... mauvais jour en somme jusqu'a 17 heures nous nous sommes literalement DETENDUES dans un Hammam de la vieille ville de Damas. hummmmmmmmm

mardi 13, on arrive a Teheran. tout le monde ici nous acceuille aves le sourire, le marchant de fruits, le gars de l'hotel, les clients du petit Naderi. tout le monde me reconnait et s'etonne de me voir a nouveau la !! on renoue contact avec Amin et Amin, Samaneh, Mina...

Ici la temperature est ideale pour une petite jupette et des sandales. en pantalon et en "Manto" + un voile, c'est une autre histoire. mais la nuit est douce et ca tombe bien, c'est la que je suis censee agir (photographiquement parlant)...

jeudi 15 mai 2008

teheran






juste une petite ligne pour vous dire qu'on est bien arrivees a Teheran.... oui desolee, on prend pas mal de retard sur ce blog et y'a pas mal de choses qu'on aimerai raconter mais le temps file......

jeudi 8 mai 2008

Dans son dernier mail, Randa (chez qui on dort mais qui est a Helsinky) disait

salut marion,

...

je suis contente que la scene libanaise est calme en ce
moment. un peu dommage d'un autre cote car ca fausse
la representation du pays.mais faut pas trop se fier
aux apparences.il y a bcp de cendres sur le brasier
c'est tout.

...



Donc ben nous y voila. le brasier. C'est la merde depuis hier. Tous le monde est suspendu a sa tele. nous d'une oreille attentive, on essaye de de capter les deux ou trois mots d'arabes qu'on est capable de comprendre. mais pas besoin de grands mots pour comprendre que juste derriere chez nous, ca pète sévère depuis la fin du discours de Nasrallah. Alors comme tout le monde, on est cloitrees a la maison et on attend. Aeroport et routes bloquees. C'est une enorme prise d'otage que vient de faire le Hezbolah, tout le liban est otage dans son propre pays. C'est assez angoissant. Ne vous inquietez pas. on va bien et on fait tres attention. On vous donnera des nouvelles sur le blog. Pour le moment, on va entamer notre 12345 partie de Bagamon…

mercredi 7 mai 2008

Strike, Demonstrations across Lebanon
10:15 VOL: Hizbullah armed men erected tents on the airport road
9:45 VOL: Confrontations between pro and anti government moves to Beqaa districts where burning fires closed the main road leading to Beirut, Chtoura, Taalbaya, and Saadnayel.
8:51 Qabbani called on Hizbullah leaders to pull their armed men out of Beirut's streets and its central district.
8:50 Lebanese Sunna are fed up with Hizbullah practices, Grand Mufti Qabbani said
8:48 Hizbullah is trying to overpower Lebanon, Qabbani added
8:47 Qabbani warned Hizbullah against attacking the Lebanese civilians and hegemony over the Lebanese state and governmental institutions
8:46 Hizbullah has become an armed force aims at occupying Beirut , Qabbani said
8:45 pm Lebanon Grand Mufti Mohammed Qabbani adresses the Lebanese
8:14 Hizbullah mouthpiece Manar tv station: Parliament Speaker Nabih Berri’s Amal movement said the government bears full responsibility of what happened today.





bon alors je disais.... qu'il s'en est passe des choses depuis le dernier post.... je sais pas par ou commencer....

les questions se bousculent tous les jours un peu plus au fur et a mesure des gens rencontrés et des discussions echangées. Comme dit Wissam, les Libannais ont un avis sur tout. c'est un peu vrai. moi je commence a en avoir de moins en moins d'avis. enfin pas vraiment mais disons que tout se melange un peu plus chaque jour tellement les choses sont complexes. et tout les jours on a envie d'en savoir un peu plus. sur la situation ici et donc bien sûr, tout autour aussi.

Samedi soir, nous avons passe la soiree chez un Libannais vivant a hareit hreik, la "banlieue" de Beyrouth bombardee pendant la guerre de 2006. Son immeuble a lui a ete bombarde mais il est revenu y vivre depuis. C'est aussi son atelier, la ou il peint sur des toiles faites des tissus recouvrant les matelas des refugies de l'ete 2006. Depuis sa fenetre au 10eme, on voit.... un gros trou... et la vue est degagée loin en face. La vue est degagee parceque les immeubles qui etaient avant juillet 2006 en face de sa fenetre sont ont ete reduit a des tas de cailloux...

lundi soir Zahraa nous a accompagné dans un camp Palestinien au sud de Beyrouth. difficile de raconter cette experience pour le moment. Zahraa nous avait proposé qu'on y aille un soir, la nuit tombee apres que je lui ai parlé de mon projet photo - images de nuit de la jeunesse (c'est un gros raccourci, un jour j'expliquerai beaucoup mieux mon projet, promis) - elle a tout de suite pensé nous emmener la, parce que la jeunesse a Beyrouth, c'est aussi ca : les camps palestiniens. Alors nous voila deabulant dans les rues tres etroites et labyrinthiques de Borj el Barajneh.... Zahraa et Haifa sont avec nous ainsi qu'un ami a elles qui vit là et sans qui marcher ici s'avèrerait quasi impossible. le camp Palestinien est une zone de non droit. l'etat libannais et l'armee libannaise n'ont pas le droit d'y entrer. c'est une sorte d'etat dans l'etat. Avec sa propre organisation (écoles and co) et aussi son propre service de securite. il n'est donc pas rare de croiser, au detour d'un chemin, un monsieur qui astique sa kalashnikov dans sa vitrine... le soir, c'est plein de jeunes qui fument le narguile, jouent au billard, font de la musique sous ciel "toile d'araignees" fait de fils electriques. Wael notre "guide" connait les ruelles par coeur et nous emmene voir deux amis a lui qui ont monté un groupe de rap "I Voice". Derriere une porte qui ne paye pas de mine, un veritable petit studio d'enregistrement ou les deux compères repetent et enregistrent leurs chansons. tout de suite je reconnais l'un des deux. je l'avais croise la veille dans un bar a Hamra, a beyrouth. Heureusement, la vie ici ne se resume pas qu'à la vie ici. l'universite, pour ceux qui continuent jusque là est a Beyrouth et les activites ne se concentrent pas toutes dans le camp.

Dans le camp, c'est "Palestine en force". les chefs des differents partis, Hamas, Fatah s'affichent partout dans les rues. a l'interieur meme du camp, chacun defend son parti. Jeunes et moins jeunes ne jurent que sur la palestine, ne parlent que de Palestine. Comme si une vie ailleurs etait impossible, a commencer par une vie ici, au Liban. on sent que tous attendent et esperent rentrer chez eux. Ca se lit dans les regard, se voit dans les corps. C'est triste. Il faut dire qu'on leur donne peu de chance ici. L'acces a un emlpoi et a un logement a Beyrouth est quasi imposible pour les palestiniens qui vivent dans les camps. alors forcement... coince entre quatre murs, on repense a ce qu'on a perdu...

il y aurait encore beaucoup a dire et tout ca donne beaucoup a reflechir...

mardi 6 mai 2008

pfff... j'avais ecrit un super post et puis comme tous les jours, l'electricite s'est coupee pendant trois heures. mais comme tous les jours, on sait pas si ca sera a 9h, a midi ou a 15h.... alors betement, j'ai pas pense que ce serait la maintenant, alors que j'ecrivais mon texte.... donc ben....

allez, promis, je le refais demain....

mercredi 30 avril 2008





à Tyr (ou Sour), chez les Phéniciens
el "sporting club" de beyrouth

des traces de la guerre un peu partout

et des couchers de soleil
Raouda, petit paradis en bord de mer

laurent en émoi

leçon de trompette par lucie geffroy


chez randa

Raouché. un dimanche



lundi 28 avril 2008

Voilà presque une semaine que j’ai écrit « demain : Beyrouth » alors tout d’un coup, je m’inquiète. Peut-être que vous nous croyez encore coincées a l’aéroport dans les bras des services de sécurité israélienne. Ou en quarantaine a l’aéroport d’Aman. Rassurez-vous, on est à Beyrouth. Bien arrivées depuis mardi. Le passage a l’aéroport s’est …. disons… bien passé. Pas une partie de plaisir mais on s’attendait à tellement pire. Et puis a l’aéroport de Beyrouth, c’était un vrai « Bienvenue » qui nous attendait. Alors ça fait déjà toute la différence. Arriver dans un pays qui n’est pas sur la défensive, qui ne vous soupçonne pas de mauvaises intentions a priori et qui vous dit texto « bienvenue au Liban », ça vous met dans un état d’esprit beaucoup plus zen et positif.

Nous avons retrouvé Laurent, Lucie et Camille. Amy aussi nous attendait et nous a accueilli dans la maison de Randa a Achrafieh. C’est chouette. On se sent bien ici. Dès notre arrivée. Personnellement, j’ai vraiment l’impression d’être dégagée d’un poids assez lourd à porter qui me collait au corps depuis le début du voyage.

Retrouver Beyrouth deux ans après est une sensation assez agréable. Une guerre est survenue entre ces deux voyages et pourtant peu de choses semblent avoir changé ici. Les gens en particulier dégagent toujours cette énergie incroyable. Il y a de la chaleur et de la sensualité à Beyrouth. Pourtant la présence militaire est bien plus présente qu’il y a deux ans et, tout le monde s’attend au pire. Mais dans cette attente, c’est une vie riche et intense. Beaucoup d’artistes à Beyrouth. Ça crée dans tous les sens. Danse, Théâtre, expos. Il y en a dans tous les sens. Les gens s’expriment fort sur ce qu’ils vivent ici. Alors nous voilà embarque avec eux. Tout de suite. Tout le monde se connaît, se mélange et se croise. Une semaine sans nouvelles car une semaine pleine. De rencontres, de sorties, de balades. Tout plein de photos à venir.

jeudi 24 avril 2008

des bons baisers de beyrouth! où nous sommes arrivées saines et sauves et tout baigne!

al Raouda (on the beach)


at Randa's house, where we gratefully feel at home.

mercredi 23 avril 2008

picture 3


Dernier jour a Tel Aviv,

Cette nuit, on decampe... 

Dernieres photos de la ville. Derniere partie de Bagamon avant Beyrouth. Derniere biere-coucher de soleil sur le toit de l'auberge. Dernier bisou a Varda la patrone des lieux. Dernier dîner dans le petit resto chouette en bas de chez nous. 
Premiere rencontre avec quelqu'un ayant un parti pris si affirme sur son pays, Israel. Juste le temps d'une cigarette et elle nous dira comme elle aurait voulu ne pas faire son service militaire. Comme elle etait jeune et influencable. Comme tout ca est un mensonge. Comme elle ne supporte plus toutes les humiliations affligees aux palestiniens pas l'armee israelienne. Elle semble blessee et triste. Elle aimerait qu'on aille a Ramallah parceque la verite est la. Elle aimerait connaitre le liban, l'iran et pouvoir y voyager librement. 

En quittant le resto, c'est le serveur qui nous rattrape et nous demande de prendre son adresse mail pour lui envoyer des photos.... d'Iran. Il a appris qu'on y serait bientot et c'est son reve. aller en Iran.... 

en attendant, dans quelques heures le reveil sonne et on part pour Beyrouth... 

dimanche 20 avril 2008

picture 2

notre passage a Tel Aviv touche a sa fin et voila, c'est encore dur de parler de ce qu'on ressent ici... depuis quelques jours les mots se posent et on commence a pouvoir parler. Mais a l'interieur c'est pas toujours tres agreable...

Plus on se promene dans les rues, plus on rencontre de gens, plus on est confrontees a des situations du quotidien et plus on se melange les pinceaux, moins on comprend cette ville. C'est comme si on voyait defiler devant nous tout un eventail de l'humanite, dans ce qu'il a de plus beau mais aussi malheureusement, ce qu'il a de plus laid.... dans la meme journee des sentiments de degout et de joie se succedent. alors tout ca d'un coup en pleine figure, c'est dur a absorber. Comme dit Tessa, de loin, ca a l'air d'etre le bordel ("balagan" comme ils disent ici) mais de pres, c'est encore pire. La tension est perceptible au quotidien. entre les gens. nous en faisons aussi les frais. Parfois avec distance, parfois moins quand la fatigue est la. photographier la nuit s'avere etre aussi une rude epreuve. observer, errer, attendre je ne sais quoi, chercher, esperer... et surtout garder les yeux grand ouverts... a trois heures du matin, ca devient dur quand ca dure depuis plusieurs soirs. En meme temps, ces sorties nocturnes nous permettent de mieux comprendre la ville. Tel Aviv vit plus la nuit que le jour, ce n'est pas une legende. Mais c'est aussi la nuit qu'on la comprend le mieux. Si le jour, tout le monde est melangé dans la ville c'est loin d'etre le cas le soir. on comprend mieux les differents monde qui la compose. car c'est vraiment ca. Tel Aviv est remplie de bar, pubs et boites de nuits, mais chaque quartier a sa population et son ambiance. En la traversant a Velo on se retrouve au hasard des rues au milieu d'un no man's land peuplé d'ados completement ivres. on dirait que le lieu leur appartient. pas d'adultes, que des teenagers, bouteille a la main, mini jupes et talons aiguilles... deux rues plus loin, la moyenne d'age est montee, le niveau d'acoolemie, lui, est toujours le meme ( tres haut). Pres de la plage, le Fashion Bar, seule boite de nuit rescapee du complexe "le Dolphinarium" - deserté depuis l'attentat de 2001 - est desormais la boite de nuit favorite des Russes (la derniere grande vague d'immigration pas encore tres "integree")... bref, a chaque tournant de rue, on change de planete. vraiment. un petit monde a chaque fois et tellemtn different de celui d'avant. Tel Aviv est faite de tout ces monde la...
Le jour, tout semble se fondre. la plage accueille les uns et les autres, les babs revenus d'inde, les jeunes soldats en moule bite, les parisiens en vacances, les vieilles blondes decolorees, les...., les ...., les .... Tout ca dans un semblant de "tout va bien" plutot derangeant. C'est pas que les Israeliens n'ont pas le droit au bonheur mais il y a quand meme dans le mode de vie Tel Avivien une impression de legerte qui derange tellement elle semble cacher gros...

tous les soirs, en rentrant de nos virees nocturnes on passe par le bord de mer. tous les soirs et pourtant pas un seul soir la mer ne nous a offert le meme spectacle, la meme couleur, la meme odeur... pour rien au monde on ne prendrait un autre chemin. tous les soirs elle nous raconte que c'est elle qui decide, elle qui nous mate, elle qui veille...

Alors voila, tout ca, ca secoue... on a beau longer la plage tous les matins et tous les soirs.... on dort pas tres tranquillement dans cette region du monde....

demain, on plie bagages.... on revise nos reponses pour un eventuel questionnaire en arrivant a Beyrouth.... beyrouth.... beyrouth....

dis donc, on m'a vole mon velo dis donc...

c'est tout

paques au balcon