bon alors je disais.... qu'il s'en est passe des choses depuis le dernier post.... je sais pas par ou commencer....
les questions se bousculent tous les jours un peu plus au fur et a mesure des gens rencontrés et des discussions echangées. Comme dit Wissam, les Libannais ont un avis sur tout. c'est un peu vrai. moi je commence a en avoir de moins en moins d'avis. enfin pas vraiment mais disons que tout se melange un peu plus chaque jour tellement les choses sont complexes. et tout les jours on a envie d'en savoir un peu plus. sur la situation ici et donc bien sûr, tout autour aussi.
Samedi soir, nous avons passe la soiree chez un Libannais vivant a hareit hreik, la "banlieue" de Beyrouth bombardee pendant la guerre de 2006. Son immeuble a lui a ete bombarde mais il est revenu y vivre depuis. C'est aussi son atelier, la ou il peint sur des toiles faites des tissus recouvrant les matelas des refugies de l'ete 2006. Depuis sa fenetre au 10eme, on voit.... un gros trou... et la vue est degagée loin en face. La vue est degagee parceque les immeubles qui etaient avant juillet 2006 en face de sa fenetre sont ont ete reduit a des tas de cailloux...
lundi soir Zahraa nous a accompagné dans un camp Palestinien au sud de Beyrouth. difficile de raconter cette experience pour le moment. Zahraa nous avait proposé qu'on y aille un soir, la nuit tombee apres que je lui ai parlé de mon projet photo - images de nuit de la jeunesse (c'est un gros raccourci, un jour j'expliquerai beaucoup mieux mon projet, promis) - elle a tout de suite pensé nous emmener la, parce que la jeunesse a Beyrouth, c'est aussi ca : les camps palestiniens. Alors nous voila deabulant dans les rues tres etroites et labyrinthiques de Borj el Barajneh.... Zahraa et Haifa sont avec nous ainsi qu'un ami a elles qui vit là et sans qui marcher ici s'avèrerait quasi impossible. le camp Palestinien est une zone de non droit. l'etat libannais et l'armee libannaise n'ont pas le droit d'y entrer. c'est une sorte d'etat dans l'etat. Avec sa propre organisation (écoles and co) et aussi son propre service de securite. il n'est donc pas rare de croiser, au detour d'un chemin, un monsieur qui astique sa kalashnikov dans sa vitrine... le soir, c'est plein de jeunes qui fument le narguile, jouent au billard, font de la musique sous ciel "toile d'araignees" fait de fils electriques. Wael notre "guide" connait les ruelles par coeur et nous emmene voir deux amis a lui qui ont monté un groupe de rap "I Voice". Derriere une porte qui ne paye pas de mine, un veritable petit studio d'enregistrement ou les deux compères repetent et enregistrent leurs chansons. tout de suite je reconnais l'un des deux. je l'avais croise la veille dans un bar a Hamra, a beyrouth. Heureusement, la vie ici ne se resume pas qu'à la vie ici. l'universite, pour ceux qui continuent jusque là est a Beyrouth et les activites ne se concentrent pas toutes dans le camp.
Dans le camp, c'est "Palestine en force". les chefs des differents partis, Hamas, Fatah s'affichent partout dans les rues. a l'interieur meme du camp, chacun defend son parti. Jeunes et moins jeunes ne jurent que sur la palestine, ne parlent que de Palestine. Comme si une vie ailleurs etait impossible, a commencer par une vie ici, au Liban. on sent que tous attendent et esperent rentrer chez eux. Ca se lit dans les regard, se voit dans les corps. C'est triste. Il faut dire qu'on leur donne peu de chance ici. L'acces a un emlpoi et a un logement a Beyrouth est quasi imposible pour les palestiniens qui vivent dans les camps. alors forcement... coince entre quatre murs, on repense a ce qu'on a perdu...
il y aurait encore beaucoup a dire et tout ca donne beaucoup a reflechir...